SILEX
© Corinne Costa Erard
(...) L’esprit fait la main, la main fait l’esprit. Le geste qui ne crée pas, le geste sans lendemain provoque et définit l’état de conscience. Le geste qui crée exerce une action continue sur la vie intérieure. La main arrache le toucher à sa passivité réceptive, elle l’organise pour l’expérience et pour l’action. Elle apprend à l’homme à posséder l’étendue, le poids, la densité, le nombre. Créant un univers inédit, elle y laisse partout son empreinte. Elle se mesure avec la matière qu’elle métamorphose, avec la forme qu’elle transfigure. Éducatrice de l’homme, elle le multiplie dans l’espace et dans le temps.
Texte de Henri Focillon, « Eloge de la main » (1934), in Vie des formes, suivi de Eloge de la main, Paris, Presses Universitaires de France, 1943. 7e édition, 1981, 131 pages, pp. 101-128.
Actualités
►Rendez-vous du 04 au 06 avril 2025 Exposition silex dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art au château de Lunéville
►Rendez-vous LE GRAND MUR DES FOCUS avril > juin • Rencontre samedi 14 juin à 18h 379 GALERIE artothèque 379 avenue de la Libération NANCY
En cours, DUO "SILEX" Édouard LEMARQUIS, Designer et "SILEX" VéroniqueTricotzen'co "L'atelier de Véro", 2024.



Photographies, sculptures, installations, peintures, performances, textes
Artiste plasticienne, pendant longtemps, j’ai fait surgir au-delà des représentations visibles, d’autres images possibles grâce à des procédés techniques le plus souvent à la pointe de la science.
Actuellement, mes créations sont issues de rencontres avec les artisans et artistes dans leurs ateliers.
J’exprime les émotions éprouvées dans leur environnement de travail par la prise d’empreintes de main, l’écriture de poèmes, la photographie. la peinture, la sculpture, le dessin, la vidéo, l'installation, la performance.
SILEX
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Les silex, constitués des empreintes toutes uniques des paumes de mains d'artisans sont le reflet de la diversité des métiers et des talents qui contribuent à façonner notre monde.
Corinne Costa Erard
Photographies SILEX Sophie Bijoutière 2021 © Corinne Costa Erard
Silex : "Peut-être le premier objet façonné par l’homme avec le percuteur qui permit de le créer, l’outil en pierre taillée est - selon moi - le premier objet d’art au sens pur du terme, à savoir une habileté, une connaissance technique. Et lorsque l’adéquation de la forme coïncide parfaitement avec sa fonction, alors il s’agit bel et bien d’une œuvre d’art. Pourtant, nombreux sont ceux qui n’y voient que d’ennuyeux cailloux." Marielle Brie, Historienne de l’art8

Les silex, paumes de mains d'artisans, évoquent la créativité humaine et la transformation de la matière par les mains habiles.
Chaque empreinte capture un lien possible à notre monde et le matérialise de manière poétique. Ces recherches artistiques se présentent ainsi comme écho à de multiples réflexions actuelles.
Alors que les industries ont profondément modifié nos écosystèmes, ma démarche rappelle l'importance de préserver la nature et de maintenir un équilibre entre l'homme et son environnement.
Mes travaux sont le résultat d’un travail en profondeur à travers des entretiens, des séances de prise de vue et des expérimentations.
Si le travail de Corinne Costa-Erard fait souvent appel aux nouvelles technologies, son principal médium reste l’humain. Ses créations fonctionnent comme des palimpsestes ; il faut percer le vernis pour pénétrer le cœur de l’œuvre.”
Charles Villeneuve de Janti à la direction de l’établissement public du musée national Jean-Jacques Henner et du musée national Gustave Moreau
Penser l’œuvre de Corinne Costa-Erard, c’est penser une embryogénèse alternative, une exo genèse qui se place entre un ordre linéariste déjà là et un ordre organiciste en cours de développement à partir de formes souches. C’est paradoxalement en choisissant de devenir artisane à côté d’artisans que l’artiste souligne son statut d’artiste qui ne se contente pas de reproduire mimétiquement des formes, mais qui les crée comme pouvait le faire le « divin » Mozart. Et c’est en cela que la simple église devient « cathédrale », qu’une musique sacrée ordinaire peut de transformer en musique d’orgue, produisant du sacré à l’intérieur même du sacré. Ou qu’une cathédrale déjà engloutie peut ressurgir autrement définitivement bouleversée et redevenue œuvre vivante.
Jean-François CLÉMENT Anthropologue et critique d'art