
© Corinne Costa Erard
SILEX

Matière à l’œuvre, matière à voir, à ressentir, à partager
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(...) L’esprit fait la main, la main fait l’esprit. Le geste qui ne crée pas, le geste sans lendemain provoque et définit l’état de conscience. Le geste qui crée exerce une action continue sur la vie intérieure. La main arrache le toucher à sa passivité réceptive, elle l’organise pour l’expérience et pour l’action. Elle apprend à l’homme à posséder l’étendue, le poids, la densité, le nombre. Créant un univers inédit, elle y laisse partout son empreinte. Elle se mesure avec la matière qu’elle métamorphose, avec la forme qu’elle transfigure. Éducatrice de l’homme, elle le multiplie dans l’espace et dans le temps.
Texte de Henri Focillon, « Eloge de la main » (1934), in Vie des formes, suivi de Eloge de la main, Paris, Presses Universitaires de France, 1943. 7e édition, 1981, 131 pages, pp. 101-128.

" 50 kg sur son épaule "
Les mains empoignent le manche
La large pelle est à l’œuvre
L’œuvre d’une vie, homme à la tâche
Recette de cuisine à la louche
Le sable se mêle aux cailloux
Le bâti enchaine la danse
La poudre grise s’écoule
Le muscle œuvre l’alchimie
Le cratère se dessine
L’eau dégorge, ruisselle, enchante, fascine
Là, là, les mains retiennent
Le barrage musclé s’active
La mixture s’épaissit, flasque, lourde
Le rythme ralentit
La peau est moite, dorée par le soleil
Son sourire revient.
Février 2020, CCE
Enfant, nous avions de l’eau jusqu’au torse, de grosses branches touffues nous barraient la progression, nos petits canifs en venaient à bout. Nous avions peur des sangsues, des vipères, des dragons, des sirènes. Mais nous avancions sans relâche. J’avais dix ans.
A l’Ouest se trouvait la forêt.
Au Nord, la sorcière près de la cascade
Au Nord Est la majestueuse maison Daum
A l’Est, l’Amezule, le territoire de mon frère
Au Sud, les vastes plateaux de Malzéville
Au centre, mon père, maçon, la voix grave, la main leste, travailleur acharné.






Portraits en devenir --- DUO, "SILEX" Gaël Hervé, et son oncle Jean-Luc, l'Atelier Bassinot, Maîtres Verriers d'Exception depuis 1927, 2025.

Photographies, sculptures, installations, peintures, performances, textes
SILEX
Photographies SILEX Sophie Bijoutière 2021 © Corinne Costa Erard
Silex : "Peut-être le premier objet façonné par l’homme avec le percuteur qui permit de le créer, l’outil en pierre taillée est - selon moi - le premier objet d’art au sens pur du terme, à savoir une habileté, une connaissance technique. Et lorsque l’adéquation de la forme coïncide parfaitement avec sa fonction, alors il s’agit bel et bien d’une œuvre d’art. Pourtant, nombreux sont ceux qui n’y voient que d’ennuyeux cailloux." Marielle Brie, Historienne de l’art8
Lorraine, héritière d’une grande tradition scientifique, artistique, artisanale, à la croisée des arts, des sciences et de l’industrie, pendant longtemps, Corinne Costa Erard fait surgir au-delà des représentations visibles, de nouvelles images grâce à des procédés techniques le plus souvent à la pointe de la science.
Interactifs, multidimensionnels, entrelacement du visible et de l'invisible pour pénétrer plus avant dans la compréhension des choses, ses travaux se présentent comme échos à de multiples réflexions présentes et développent des thèmes tels que l'identité personnelle/collective, la perception, la mémoire, l'histoire et notre quête d'identité à travers l'art.
Depuis quatre ans, ses recherches sont une exploration des mains et de leurs mouvements. Par le prisme d’une approche artistique poétique, "Silex" interroge les enjeux des cultures du faire, symbiose entre les mains, le geste, l’outil, et l'être humain comme l’un des matériaux et une des composantes de la Nature.
Des approches esthétiques sensibles et rigoureuses, par le biais de photographies, peintures, sculptures, dessins, vidéos, installations, poèmes et performances, connectent sensualité des matières, intelligibilité des gestes et créent une connexion dynamique entre le patrimoine immatériel et l’expression artistique contemporaine.
" "Silex", sculpture comme empreinte matière, et photographie comme empreinte lumière sur la surface photosensible.
Union, dualité, équilibre précaire entre la création humaine et la nature.
Dès lors qu’on y prête attention, le banal cesse d’être banal et ne peut qu’étonner. La notion d’échelle perturbe nos habitudes, nos repères et notre rapport au monde. La monumentalité des photographies et l’intimité des empreintes convoquent le corps du spectateur, lui propose une autre appréciation de son environnement et de ses sensations".
SILEX : Archéologie d’un geste vivant
« Le sacré n’est pas une abstraction, il est la sédimentation de l’agir humain. »
Bienvenue dans l'univers de SILEX, un projet artistique pluridisciplinaire où la photographie, la sculpture et la poésie s'unissent pour cartographier l'énergie de l'homme au travail. Ici, la main n'est plus un simple outil : elle est un territoire, une mémoire, une architecture.
Le Protocole de Mutation
Ma démarche s'articule autour d'une double exploration de la trace :
Les Silex Cathédrales : Saisir l'énergie pure. À partir de photographies de gestes prises sur le vif dans le secret des ateliers ou des cabinets de soin, je crée des compositions numériques monumentales. Ce sont des voyages intérieurs où le mouvement se transmue en une architecture de lumière.
Les Silex Paysages : Archiver la matière. Lors de performances sur le terrain, je prélève l'empreinte physique des paumes (le biface en plâtre). Par la macro-photographie et le graphisme, ces empreintes fusionnent pour former une cartographie collective. Les lignes de la main deviennent des reliefs géologiques, des nervures végétales, des horizons minéraux.
Une Géographie du Faire
S'inspirant de la phénoménologie de Merleau-Ponty et de la pensée plasticienne de Marc-Williams Debono, SILEX interroge notre appartenance au monde. En juxtaposant les traces de l'artisan, du soignant ou de l'agriculteur, je dessine un paysage social et humain où chaque ride de la peau raconte une transmission, un savoir-faire, une identité silencieuse.
Conscience Écologique et Sensible
À l’heure de la crise environnementale, SILEX révèle notre symbiose avec la nature. Nos mains portent en elles les motifs de la Terre : écorces, roches, racines. Regarder un "Silex Paysage", c'est prendre conscience que nos gestes transforment le monde autant qu'ils nous façonnent.
Visiteur, franchis le seuil. Déambule dans cette mosaïque humaine où le temps sculpte la mémoire et où chaque geste tisse la toile pour l’éternité.
Témoignages
Exposition SILEX Galerie 379 à Nancy, avril, mai, juin 2025.
Quelle mystérieuse rencontre avec les œuvres de Corinne Costa Erard.
MAKIKO , historienne, critique d'art et galeriste à Tokyo, le 29 avril 2025.....SUITE
Exposition SILEX dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art au château de Lunéville, avril 2025
Sa démarche singulière est ambitieuse et le résultat étonnant, à la fois sensible et rigoureux dans les approches esthétiques. Son travail concilie « le cœur et l’esprit ». Ses compositions démontrent une volonté de connecter sensualité des matières et Intelligibilité des gestes.»
Éric DIDYM, directeur artistique, Le Cri Des Lumières, le 14 mai 2024....SUITE
SILEX CATHÉDRALE
Penser l’œuvre de Corinne Costa-Erard, c’est penser une embryogénèse alternative, une exo genèse qui se place entre un ordre linéariste déjà là et un ordre organiciste en cours de développement à partir de formes souches. C’est paradoxalement en choisissant de devenir artisane à côté d’artisans que l’artiste souligne son statut d’artiste qui ne se contente pas de reproduire mimétiquement des formes, mais qui les crée .
Jean-François CLÉMENT Anthropologue et critique d'art 2023.....SUITE
Exposition [SÃ], Aux Actes Citoyens, Tomblaine, Mai 2018
Si le travail de Corinne Costa-Erard fait souvent appel aux nouvelles technologies, son principal médium reste l’humain. Ses créations fonctionnent comme des palimpsestes ; il faut percer le vernis pour pénétrer le cœur de l’œuvre.”
Charles VILLENEUVE de JANTI Conservateur du Musée des Beaux-Arts de Nancy 19 Février 2018 .....SUITE
Exposition [SÃ], galerie 379, Février 2018
À éprouver et à penser, l'œuvre de Corinne Costa-Erard nécessite de se laisser happer par les jeux d'apparition et de disparition… Une expérience immersive qui suscite une réflexion vers l'état du monde.
Pauline Lisowski Critique d'art / Commissaire d'exposition Le Corridor de l'art, Actualités de l'art contemporain 7 Avril 2018.....SUITE

















































